Les portes qui claquent

23 juillet. 45 degrés. Un soleil de plomb. Assis à l’ombre dans son salon, Nicolas profite du petit courant d’air crée entre la chambre et la cuisine pour se rafraichir. C’est insuffisant pour évacuer toute la transpiration qui perle sur son visage. C’est tout juste le strict minimum pour garder l’esprit clair. Alors qu’il supporte la chaleur, la porte claque et met fin à ce courant d’air salvateur.

Malgré son dégout envers le cuir de son fauteuil qui reste collé à sa peau, il se lève pour aller rouvrir la porte. Cette fois-ci, il l’ouvre à son maximum et la met au plus proche du mur pour éviter qu’elle ne claque à nouveau. À peine a-t-il tourné les talons que la porte claque à nouveau. Mais enfin ! Pourquoi est-ce qu’elle claque cette porte ?

Il bloque la porte avec un gros sac et retourne dans son fauteuil. Passé l’étape de succion de la peau transpirante sur le cuir, il réfléchit. Pourquoi est-ce que cette porte claque alors qu’elle est contre le mur opposé ?

Il réfléchit alors à un montage pour tester les différentes origines possibles de cette porte qui claque et se jure de l’essayer dès que la température atteindra à nouveau un niveau convenable.

Nicolas n’a sans doute jamais réalisé son expérience, mais nous si ! Elle est en vidéo ci-dessous :

Si vous voulez essayer de deviner la réponse à la question posée dans la vidéo, ne lisez pas la suite pour l’instant.

Pourquoi les portes claquent ? (il faut avoir vu la vidéo pour lire la suite)

Il y a alors deux raisons pour lesquelles les portes claquent. La première est la différence de pression qui attire la porte vers sa fermeture et la seconde est la force de l’air qui pousse sur la porte pour finir sa fermeture. La différence de pression se produit quelle que soit la provenance du courant d’air. La force, elle, dépend de la provenance du vent. Dans un cas, elle aidera la porte à se fermer, dans l’autre, elle l’en empêchera !

On l’a dit, quand l’air se déplace plus vite, il crée une dépression qui attire la porte… mais en quoi un air qui se déplace plus rapidement créerait une zone de basse pression qui attire ?

Quand il n’y a pas de courants d’air, les molécules qui composent l’air et qui se trouvent de chaque côté de la porte sont en mouvement, elles rentrent en collision avec tous les objets qui les entourent, et se déplacent dans tous les sens. Cela représente la pression atmosphérique. L’agitation et le choc des molécules sont les mêmes de chaque côté de la porte. La porte reste donc en équilibre. Quand l’air est mis en mouvement d’un seul côté de la porte, les molécules qui contribuaient à l’équilibre de la porte, en rentrant en collision avec elle, sont dirigées dans la direction du vent. De l’autre côté de la porte, l’air n’a pas été accéléré et les collisions des molécules contre la porte n’ont pas changées. La porte se met alors à bouger puisqu’elle est poussée par ses molécules d’un seul côté. La porte n’est donc pas attirée par une zone de basse pression mais plutôt poussée par une zone de plus haute pression.

Ces observations sur l’origine des portes qui claquent nous poussent à formuler une conclusion. Que dois-je faire pour que mes portes ne claquent plus. S’il était possible de contrôler la provenance du vent, la réponse serait simple. Mais comme cela est impossible, il faut s’ajuster et les recommandations que nous donnons ci-dessous sont alors dépendantes de la direction du vent. Pour que les portes ne claquent pas, il faut que :

– le vent qui s’engouffre dans une pièce soit dans la pièce la plus grande possible. Ainsi la dépression sera plus difficile à établir car le volume d’air que la pièce peut contenir doit lui aussi être accéléré avant d’être accéléré en avant de la porte.

– Si cela est possible, il faut que la porte qui sépare une fenêtre d’une autre s’ouvre dans le sens du courant d’air… il lui sera alors impossible de se refermer.

Bien évidement, à l’échelle d’une maison avec de nombreuses pièces, le problème devient beaucoup plus complexe. Et de telles règles ne sont plus auto-suffisantes. Il faudra investir dans un bloque porte pour garantir que les portes restent inanimées.

En attendant, l’hiver est arrivé maintenant et la question des portes qui claquent ne se pose plus… Heureusement ?

Note : Des étudiants de l’université de Leicester ont d’ailleurs étudié une question similaire sur les portes qui claquent en fonction de l’angle d’ouverture de celle-ci. Si cet article court vous intéresse, il se trouve ici 

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1 Response

  1. December 7, 2014

    […] d’informations sur http://scilabus.com/2013/11/25/les_portes_qui_claquent/Aujourd’hui une expérience sur les portes qui claquent. On cherche à savoir comment une […]

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