Scène de crime : le placenta

Futur bébé et maman ne sont pas toujours compatibles. Au niveau des groupes sanguins du moins ! Si le rhésus du groupe sanguin de la mère différe de celui du bébé à naître, cela peut entraîner de graves déficiences chez celui-ci… Et en absence d’une détection à temps, c’est la mort du nouveau-né.

Sur les globules rouges qui composent notre sang, il peut y avoir la présence d’une protéine particulière. Si c’est le cas, on dit alors que la personne a un rhésus positif. Si cette protéine est absente des globules rouges, la personne est dite de rhésus négatif. C’est le signe + ou – qui accompagne notre groupe sanguin.

Et si une mère peut tuer son bébé à son insu c’est parce qu’un sang au rhésus + n’est pas compatible avec un sang au rhésus -. La mise en contact de ces deux types de sang induit une réaction immunitaire qui produit des anticorps pour détruire le sang “étranger”. 

Explorons les possibilités.

2011_05_23_mamanEtbebe

Figure 1 : Illustration des deux cas possibles si le père et la mère diffèrents dans leurs rhésus. Un bébé au rhésus équivalent à celui de la mère n’aura pas de problème, celui au rhésus correspondant à celui du père devra être surveillé.

Dans les cas où les deux parents ont le même rhésus, il n’y aura pas de problèmes d’incompatibilité puisque le bébé aura forcément le même rhésus que sa mère. Par contre, si les parents ont des rhésus différents, il y a alors deux possibilités pour le bébé : il peut être rhésus + ou rhésus -. Dans le cas où le rhésus est différent de celui de la mère, les sangs sont incompatibles.

Les sangs de la mère et du bébé ne sont pas en contact pendant la grossesse, Il n’y aura donc pas de risque de destruction du sang du bébé ! Mais il y a un “mais”.

Les deux sangs peuvent être en contact dans les cas d’une grossesse extra-utérine, d’une ponction de sang, d’une amniocentèse… ou bien, de l’accouchement ! Un jour ou l’autre, les sangs seront donc mêlés; et c’est lors de ce mélange que la mère aura une réaction immunitaire envers ce sang étranger contre lequel elle produira des anticorps.

Les risques de mort du nouveau-né apparaissent donc à partir de la seconde grossesse. Car même si le sang de la mère et du fœtus n’est pas partagé, les anticorps, eux, traversent allègrement la “barrière placentaire”. Pour une seconde grossesse, ces anticorps auront déjà été crées, ils iront détruire les globules rouge du fœtus produisant alors de la bilirubine première actrice d’une jaunisse ou d’une anémie.

2011_05_23_rhesus

Figure 2 : Illustration de la création d’anticorps lors d’un mélange de sang.

Heureusement la médecine a une solution ! À chaque grossesse, le groupe sanguin du père et de la mère est observé; et si on se retrouve dans LE cas problématique, des médicaments composés d’anticorps qui détruisent les globules rouges du bébé seront injectés au sang de la mère au moment de l’accouchement. Ainsi, son système immunitaire ne se déclenchera pas et le bébé n’aura aucun dommage puisqu’il sera déjà sur le chemin de la sortie. La mère n’aura jamais eu l’occasion de créer des anticorps contre un rhesus différent et un second bébé ne sera pas affecté.

Pour résumer, si la mère et le bébé n’ont pas le même rhésus, la mère développera des anticorps contre le sang du bébé au moment de l’accouchement. Ainsi lors d’une seconde grossesse, les anticorps produits par la mère lors de la première grossesse iront détruire les globules rouges du nouveau bébé. Une simple étude de dossier et une prise de sang permettent à la médecine de nos jours de contrer ce problème par la simple administration d’un médicament pendant l’accouchement.

You may also like...

Leave a Reply