Le cancer, en chiffres… impressionnants ?

La lecture des statistiques concernant le cancer fait peur. On voit les courbes augmenter indéfiniment. S’il est vrai que le nombre de cancers augmente, une mise en contexte peut aider à comprendre ce que cela signifie. C’est ce que nous faisons dans cet article.

Selon l’institut de veille sanitaire français, entre 1980 et 2005, il y a eu une augmentation du nombre de cancers de 89% tous types de cancers et toutes tranches d’âge confondus.

Un chiffre à faire froid dans le dos.

Faisons le point.

1- La démographie

Les chiffres observés sont évalués sur 25 ans. Et durant ce quart de siècle, la population française évolue, s’agrandit et vieillit.

La logique veut que plus nous sommes nombreux et plus nous vivons longtemps, plus la probabilité de voir des cancers apparaître augmente.

A titre d’exemple, déjà sur une période de 10 ans (2000 à 2010), la population française est passée de 60 à 64 millions d’habitants.

Quant à l’espérance de vie (de 2000 à 2010 toujours) elle est passée de 75 à 78 ans pour les hommes et de 82,5 à 84,5 ans pour les femmes. (chiffres de l’insee).

Tranches d’âge les plus touchées par le cancer en 2005

2010_09_19_trancheAge_
…Et comme le cancer atteint d’abord les personnes les plus âgées (histogramme ci-dessus), la probabilité augmente.

Aussi, on estime que le vieillissement de la population et son accroissement sont responsables de 45% d’augmentation-voir le camembert dans la suite de ce billet.

2- Le dépistage

Les techniques de dépistage se sont beaucoup développées en l’espace de ces 25 ans. Notamment grâce à toutes les campagnes publicitaires incitant à aller se faire dépister.

2010_09_19_breast-cancer A titre d’exemple, la mammographie numérique n’était pas du tout implantée en 2006 et est passée à 40% d’implantation/d’utilisation en 2009.

La recrudescence des dépistages et de leurs améliorations impliquent qu’un cancer dont nous n’aurions jamais eu connaissance autrefois -car la personne serait décédée avant même que les effets soient visibles- rentre à présent dans les statistiques.

L’influence de cette ‘généralisation’ du dépistage est très difficile à évaluer et aucun chiffre à l’heure actuelle n’est capable d’estimer cette influence. On sait juste qu’elle existe et quelle est significative.

3- Le risque

Ne nous voilons pas la face, même si les facteurs démographiques et de dépistage ont une part majeure dans l’augmentation du nombre de cancer, il n’en reste pas moins que le risque d’avoir un cancer a augmenté en 25 ans.

Il est difficile de spécifier quels ont été les facteurs de risques tant les cancers ont chacun des origines différentes et ne peuvent pas être rassemblés sous un même toit.

Aussi, le cancer de la plèvre trouve son origine dans l’utilisation de l’amiante, le cancer du poumon chez la femme est directement liée à la consommation de cigarettes, le mélanome malin est crée par l’exposition au soleil…

On recense 4 catégories de risques à l’origine de l’apparition du cancer chez une personne : l’hérédité, le stress, l’alimentation, et la pollution. Et trois de ces facteurs sont environnementaux !

Et ce qui est tout aussi effrayant que rassurant dans ce résultat là, c’est que les épidémiologistes considèrent qu’un mode de vie sain pourrait réduire le nombre de cancers de 30%. Les facteurs environnementaux sont bien réels dans l’apparition d’un cancer.

Attention cependant à prendre ces facteurs avec des pincettes qui sont une réponse raccourcie, rares sont les cancers qui trouvent leurs origines dans un seul facteur de risque. Le cancer est multifactoriel et encore méconnu !

L’augmentation de 89% s’explique donc par 3 paramètres majeurs dont la répartition est montrée ci dessous.

2010_09_19_camembert2_

4- Des chiffres supplémentaires…

Une des raisons pour lesquelles il est difficile de parler du cancer dans sa globalité, il existe une très grande variété de cancers et chacun d’entre eux possède ses dérivés.

Regardons la proportion de survie pour chacun de ces cancers sur la figure ci dessous. Celui de la prostate est le plus répandu mais se soigne visiblement bien tandis que le cancer du poumon, véritable fléau largement causé par la cigarette, ne compte qu’un faible taux de survie.

Le terme ‘cancer’ n’est donc pas censé faire peur… c’est sa localisation qui rassure ou inquiète.

Cancers les plus répandus et leurs taux de mortalité respectifs en 2005

2010_09_19_maladeVSdecesChaqueCancer_
Vous aurez certainement remarqué que certains cancers montrent plus de mortalité que de cas recensés. C’est le cas du foie ou du pancréas. On peut expliquer ce phénomène en regardant la définition du ‘nombre de cas’. En réalité, il s’agit du ‘nombre de cas incidents’. L’incidence correspond à la proportion d’un groupe initialement sain qui développe la maladie durant un intervalle de temps donné. Le nombre de décès quant à lui est effectivement compté à chaque apparition (ou disparition pour le coup). De plus, le dépistage n’est pas 100 % fiable, il y a des cas de faux positifs (des gens sains dont le test affirme qu’ils sont malades), et des faux négatifs (des gens malades dont le test affirme qu’ils sont sains).

Evolution du nombre de cas et du taux de mortalité tous cancers confondus

2010_09_19_maladeVSdeces_L’histogramme ci-dessus montre l’augmentation du nombre de cancer dont nous parlions plus haut mais aussi la proportion de guérison qui augmente significativement elle aussi ! On compte à peu de choses près le même nombre de décès sur 25 ans alors que le nombre de nouveaux cas a augmenté de 89%… c’est dire si on guérit de mieux en mieux de ce fléau.

Si vous êtes intéressés pour voir les évolutions d’un cancer spécifique je vous conseille de jeter un coup d’œil aux références ci dessous et vous pourrez vous-même faire vos histogrammes avec un tableur.

Références :

  • Institut de veille sanitaire :

Tous les cancers
Répartition par âge
Répartition par années

Illustrations :

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